Vers les conventions citoyennes du vivant
Je voudrais… mais je refuse de me dissoudre dans le cri.
A force de n’être qu’un « contre », on finit par appartenir à l’autre. On devient le reflet de ce que l’on déteste, enchaîné à sa haine, prisonnier de sa propre garde. … L’antagonisme n’est pas un horizon ; c’est une cage de verre. Mon imaginaire s’essouffle. Mon esprit bute.
Je ne veux plus d’utopies lointaines, ni de dystopies qui nous servent de berceuses amères. Je veux bâtir . Mais comment poser une pierre sans que le poing ne se serre ? Car se taire, c’est laisser le vide se remplir de leur bruit. Rester immobile, c’est risquer les murs qu’ils dressent pour nous.
Il existe pourtant une radicalité plus profonde que le choc … et c’est faire fi de la modestie : la présence .
Ne pas leur faire de place, non par la force, mais par la plénitude de ce que nous créons. Occuper le terrain avec une telle vitalité, une telle justesse, qu’il ne reste plus un pouce de terre pour leurs ombres.
Puisqu’ils ne savent que contraindre et empêcher, laissons-les à leur désert. Ils n’ont rien à édifier, ils ne savent que défaire.
Ne devenons pas les gardiens de leur néant.
Objet : Réponse structurelle à la criminalisation de la défense de l’environnement.
Date : Février 2026
Portée : Locale, Nationale, Internationale (Axe France-Bénin).
I. CONSTAT : LA RUPTURE DU CADRE DE CONCILIATION
Le récent verdict concernant les organisateurs de Sainte-Soline marque un basculement : l’exercice du droit syndical et civil en faveur de l’écologie est désormais requalifié en délit d’organisation illégale.
- Observation : L’espace de la manifestation physique est devenu une zone de nasse juridique et physique.
- Conséquence : Le maintien du face-à-face en l’état expose les militants à une usure disproportionnée sans garantir de gain démocratique.
- Nécessité : Déplacer le terrain de lutte vers des zones où l’État ne peut interdire sans s’auto-désavouer totalement.
II. PROPOSITION : LA MÉTHODE « FORUM & CONVENTION »
Il ne s’agit plus de « manifester contre », mais de « siéger pour ». Nous proposons la réactivation de l’héritage des Forums Sociaux Mondiaux (FSM) sous la forme de Conventions Citoyennes Permanentes du Vivant (CCPV).
1. La Nature de l’Action
Les CCPV ne sont pas des rassemblements de protestation, mais des instances de délibération populaire.
- Légalité : Elles s’appuient sur le droit constitutionnel de réunion et le principe de participation du public (Charte de l’Environnement).
- Légitimité : Elles réunissent citoyens, experts, syndicats et élus pour produire des décisions sur la gestion des communs (eau, terre, air).
2. Radicalité par le Contenu
La radicalité réside dans l’exercice immédiat de la souveraineté :
- Production de normes : Rédaction de « Cahiers de Gestion du Vivant » opposables aux projets écocidaires.
- Bouclier de légitimité : En impliquant la société civile organisée, on rend le coût politique d’une répression inacceptable pour le pouvoir.
III. DYNAMIQUE : DE COTONOU AUX TERRITOIRES
La rencontre au Bénin doit servir de détonateur international.
- L’Appel de Cotonou : point de ralliement du Vivant : la défense du vivant est un droit humain inaliénable et substitue, au face-à-face de la manifestation, la souveraineté de l’assemblée, érigeant les Conventions Citoyennes Permanente du Vivant en bastions de résistance et de création là où la rue est interdite.
- Effet Miroir : Utiliser la solidarité Sud-Nord pour délégitimer les violences institutionnelles.
- Essaimage : Chaque « Lutte Locale » (GL) est invitée à se transformer en « Convention Permanente du vivant » pour ne plus être une cible mouvante, mais une institution ancrée.
IV. OBJECTIFS OPÉRATIONNELS IMMÉDIATS
- Recenser les structures des anciens Forums Sociaux et les inviter à la refondation.
- Établir un protocole de « Protection Démocratique » avec des juristes pour sécuriser ces nouvelles assemblées.
- Lancer officiellement le réseau des CCPV lors de la séquence au Bénin.
« Quand la rue est interdite,
l’assemblée devient le bastion. »
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