Mayotte un territoire où une métamorphose exigeante doit être possible.

La commission post croissance propose un temps d’échange par visio dont le lien vous sera transmis une fois la date définie. ( vous pouvez déjà commenter en bas de page)

Dans un premier temps l’objectif est d’évoquer des positionnements Ecologiques et frugaux de manière à être vigilant vis à vis des solutions proposées par les différentes parties prenantes – une contribution pourra être transmise à nos parlementaires.

Ces positionnement pourront avoir comme vocation d’être intégrés comme des alternatives dans les missions de l’Etablissement public qui va être créé et dans les mesures du « Plan Mayotte debout »


Enjeux de société : Le maintien des cycles de vie, naturels et humains, et le souci de leur santé

La Terre, ce monde qui est une boule de vie au milieu de l’univers ne pourra jamais donner plus que ce qu’elle a … et ce qu’elle a n’est pas illimité. Ce qu’elle a c’est un équilibre qui permet les cycles de la vie, les cycles du vivant. Pour « améliorer » ces cycles naturels on ne dispose que de deux possibilités : utiliser des ressources que l’on peut extraire et qui ne sont disponibles qu’une seule fois jusqu’à la fin de l’humanité et utiliser les ressources qui proviennent du soleil qui sont encore disponibles pour quatre milliards d’années ; là on a le temps de voir venir ! … et puis il y a l’eau qui est à la fois une ressource géologique et renouvelable.

L’objectif est de s’inscrire dans une frugalité qui trouve des méthodes et des stratégies qui permettent de prospérer sans dépasser les limites naturelles, en s’inspirant des processus cycliques et équilibrés de la nature elle-même.

L’extractivisme et l’utilisation des matières premières qui implique une économie et des technologies circulaires et solidaires.

Agriculture régénérative : Utiliser des pratiques agricoles qui enrichissent le sol, augmentent la biodiversité et restaurent les écosystèmes au lieu de les épuiser.

Sobriété énergétique et matérielle : Réduire la consommation d’énergie et de ressources. Cela peut passer par l’évitement et l’efficacité énergétique, le recours à des énergies renouvelables et la conception de produits durables et réparables.

Technologies « vertes » « : Utiliser des technologies simples, compréhensibles et appropriables par les utilisateurs et qui minimisent l’impact environnemental,

Biodiversité : maintenir et favoriser la diversité de toutes les formes de vie, existantes, évoluantes ou émergentes, interagissant à différents niveaux écologiques, génétiques et évolutifs
Intégrer le souci de la biodiversité dans les pratiques industrielles et agricoles.

Consommation responsable : Cela passe par des efforts de solidarité  et de partage. Chaque  consommateurice (accompagnée) devra prendre mieux conscience qu’en tant que citoyen il charge l’ensemble des producteurs et productrices d’assurer son alimentation ; cela peut impliquer un modèle de constance fidélisée rassurante permettant de redéfinir une agriculture plus robuste. ( coopérative, monnaie complémentaire, amap etc…)

Promouvoir des modèles de consommation qui encouragent le respect des cycles naturels, comme l’achat local, l’utilisation de produits issus de sources durables ou la réduction de produits à forte empreinte écologique.


Sujet du cheminement : écologiser un territoire où la tourmente a détruit les équilibres de vie existants et augmenté le risque d’exacerber les déséquilibres culturels et structurels non résolus dans la situation antérieure.

L’idéologie que nous voulons porter :

Nous voulons aborder les défis d’un territoire à réécrire à travers des questionnements sociétaux essentiels structurant le monde que nous voulons construire.

Notre vision veut se démarquer du simple solutionnisme écologique et porte un universalisme écologiste qui doit réinventer la solidarité et apaiser la vie du territoire.

La frugalité, la responsabilité, la dignité, l’autonomie sont les composantes structurantes de la démarche.


MAYOTTE -demain c’est aujourd’hui, Il faut réparer, nettoyer, protéger et c’est urgent Merci à Bernard Martin pour ce texte

Le cyclone Chido a frappé
Il a fouetté
Il a fracassé
Il a brisé
Les plantations et forêts
Les fragiles habitations si mal considérées
Les bangas lieu de vie des mal logés
Comme nous le fûmes après-guerre, sinistrés
Bien des toitures se sont envolées
Laissant entrer les pluies diluviennes d’une mousson programmée
Les rues sont devenues labyrinthiques
Les agissements et comportements parfois énigmatiques
Et la visite présidentielle, interrogation politique
Le peuple de Mayotte, composite, est pratique
Il récupère, recycle et reconstruit, même sans brique
La solidarité familiale est la plus véridique
Mais pas seulement, le voisinage assure parfois l’hébergement
L’étranger n’est pas en reste dans l’accompagnement
Certes les petits profiteurs accaparent aisément
D’une perte de repères, temporairement
Et chacun disserte pour faire autrement
Mais l’urgence est là, personne n’a le temps
Il faut réparer, nettoyer, protéger et c’est urgent
Alors Mayotte demain, c’est aujourd’hui
Personne ne veut de taudis
Tout le monde rêve d’un bon lit
Mais au fond toute transformation est exigeante
Elle impose de se métamorphoser
Dans la foi, avec éthique, tenant compte du retour d’expérience
Par l’échange, la transparence, la saine gouvernance
Il est alors possible de penser une rénovation réussie
Mais la solidarité ne doit pas être un fin mot
Sinon les maux d’hier sont ceux de demain
Et tout cela aura été vain
L’homme voudra-t-il passer à une société du bien ?
Hommage à toutes les personnes vivant et aimant Mayotte


Il y à des points qui sont essentiels, qui concernent la survie de la population, et que nous soutiendrons et accompagnerons par des actions tournées vers l’immédiateté … il y à aussi l’urgence qui n’occulte pas le long terme et qui est notre sujet d’aujourd’hui.


En premier lieu la gestion, l’enlèvement, le traitement, le stockage des déchets qui administrativement sont de la responsabilité de ceux qui les ont produits, c’est à dire les propriétaires ou constructeurs des bâtiments et constructions diverses légales ou non … au vu de la situation ce n’est pas possible. Par conséquent cela devra nécessiter des prises de responsabilité où la solidarité, l’échange, la transparence et la saine gouvernance devront être présentes.

Les maires et le département sont légalement en charge de veiller à la conformité de ces actions ; ils engagent leur responsabilité à long terme alors que ce type de déchets de démolition n’est pas de leur compétence … il devient important de vérifier que l’Etablissement public qui va être créé prenne la compétence déchets industriels, bâtiments et travaux publics. Il en déchargerait ainsi le conseil départemental, qui en France n’a pas cette attribution. L’ Etablissement public aurait cette compétence et en assumerait la responsabilité à long terme. Cette compétence à long terme peut s’envisager, en lien avec la DREAL, au travers d’un parc naturel régional comprenant les territoires terrestres et maritimes. Ce parc assumerait bien entendu d’autres exigences et ferait l’objet d’un « livre blanc » dont la rédaction collective fait partie de l’urgence.


En les adaptant à la situation, tenir compte des protocoles liés aux déchets résultant de la démolition qui reposent sur une combinaison de lois nationales, normes techniques et guides pratiques qui s’appliquent sur tout le territoire Français : 4 étapes indispensables (dépose, décontamination, démontage, démolition) même si Chido a tout bousculé. Ces 4 étapes visent à maximiser la sécurité et la valorisation des matériaux tout en minimisant les impacts environnementaux.

 Étape 1 le démontage qui permet le recyclage et la réutilisation – en l’état le tri est en train d’être effectué par une partie de la population qui récupère  des matériaux pour se reconstruire un toit – c’est une étape qui répond à l’urgence, on ne laisse pas les gens dehors, elle est faite entre autres en auto-organisation.

Étape 2 la décontamination qui permet « d’assainir » les déchets restants –  elle commence par le repérage des types de déchets et des zones contaminées. Si elle n’est pas réalisée cela risque de contaminer en mélange des tonnages importants de déchets – ce repérage doit être une mission de l’Etablissement public.

Étape 3 la dépose qui permet de trier les déchets qui ne sont pas inertes – câbles, plastiques, biomasse etc….

Étape 4 il ne reste que les déchets inertes qui peuvent être stockés facilement ou réutilisés en remblai


Favoriser des reconstructions sans béton en utilisant des matériaux traditionnels disponibles sur place – Personne ne veut de taudis.
Il s’agit de favoriser l’auto-construction « encadrée » par les Architectes de l’urgence et une association « type Castor » (ayant concouru à la reconstruction d’habitats après la seconde guerre mondiale) … cela participe d’une émancipation et d’une décolonisation culturelle.

Mayotte c’est de multiples défis écologiques et Ecologistes

Historiquement, Mayotte a un bâti (précolonial) de constructions en terre, bois et feuilles de cocotiers (fumage ou trempage dans l’eau salée. Récemment il est ajouté en dessous un film moderne ou des tissages de fibres de bananier) … que du bio et géo-sourcé.

Avec l’arrivée des colonisateurs, les techniques de construction telles que la pierre et le béton ont été introduites. Ces matériaux ont été perçus comme des signes de modernité et de richesse, reléguant la construction en terre à un statut de précarité  … ce fut aussi le cas partout en Afrique.

Ces derniers temps il y a une volonté de réintroduire l’utilisation de la terre avec entre autres la fabrication de BTC (brique de terre comprimée) lycée de Longoni à Mayotte et autres constructions publiques.

Les BTC peuvent être produites avec des petites presses manuelles et pourraient permettre (toujours de manière suivie) de favoriser l’auto-construction avec des matériaux locaux … cela pourrait être une initiative départementale de solidarité … et même d’inclusion !

Faire fabriquer un grand nombre de presses manuelles et les mettre à disposition … pourquoi pas ?

Il me semble important, comme on peut le penser, de favoriser une forme d’auto organisation encadrée permettant l’appropriation et aussi l’empathie et l’inclusivité – elle commence à exister naturellement au travers d’associations.

Les terres argileuses (ferrugineuses) sont assez courantes à Mayotte et l’idée n’est pas de faire des carrières mais de s’approvisionner au plus près sur des terrains déjà dédiés à l’anthropisation en évitant les pentes trop raides et pourquoi pas en créant des circulations « creuses » inondables en cas de pluie , des sortes de canaux et de drains.

Un reportage : https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/cyclone-chido-une-semaine-apres-comment-rebatir-entierement-mayotte-departement-le-plus-pauvre-de-france-1547683.html

Ci dessous extrait de ce reportage : Reconstruire Mayotte
Alors, de quelles façons reconstruire Mayotte à court et long terme ?
Le Premier ministre François Bayrou lance un appel à projet sur des habitations pré-fabriquées. C’est une mauvaise idée selon les architectes de l’urgence.

On utilise des matériaux qui peuvent être locaux. En l’occurrence, il y a des filières de briques de terre compressées qui existent, donc, autant l’utiliser. Il faut augmenter au maximum la main-d’œuvre locale et faire travailler les gens en local plutôt que d’importer au maximum les choses, et surtout pas du pré-fabriqué parce qu’en termes de bilan carbone, c’est une catastrophe. Forcément, ça finit en bidonville. Ça ne coûte pas très cher à faire. On va dire qu’en trois mois ça peut être fait. Ce sont des maisons assez rustiques, mais si on sait faire, ce sera à la fois parasismique et paracyclonique.
Patrick Coulombel, co-fondateur des architectes de l’urgence

Des constructions en bambou ?

Si l’heure est à l’urgence, certains réfléchissent à des solutions de constructions durables depuis plusieurs années. Dans l’Ouest de l’archipel, Thibaut Fung Kwok Chine développe la filière bambou pour des constructions civiles et agricoles. Il faut quatre jours seulement pour construire seule une structure.
J’ai une charpente en bambou, construite il y a trois ans, en chantier école, notamment avec des stagiaires. C’est un modèle de serre anti-cyclonique. Il s’agit d’un petit ouvrage de 4,5 mètres de largeur par 8 mètres de longueur. Il résiste aux cyclones. La preuve en est, après le cyclone Chido, la charpente est toujours là. Le toit s’est bien sûr envolé, mais la charpente est intacte.
Thibaut Fung Kwok Chine, architecte réunionnais

Le bambou est une ressource résiliente qui pousse vite. Ce sont les deux arguments de taille pour l’architecte réunionnais.
« On voit que la plupart des arbres ont été couchés. Ils ont été dépourvus de leurs feuilles et qu’ils vont avoir beaucoup de mal à repartir. C’est différent du bambou, où une bonne majorité des cannes ont résisté, et ce, malgré le fait que leur partie haute est pliée », souligne l’architecte.

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Quelques contacts
les architectes de l’urgence
https://www.facebook.com/cressmayotte/videos/coop%C3%A9rative-artisanale-de-bloc-de-terre-crue-comprim%C3%A9e-btc/745358149642708/
https://www.lejournaldesarchipels.com/2024/05/08/mayotte-la-brique-de-terre-comprimee-validee-par-lepfam/
https://www.facebook.com/p/Artterre-Mayotte-100087631135279/?locale=fr_FR


– Envisager de créer des surfaces de foncier solidaire : cela permettrait de donner un statut, à partir de « l’hébergement », à ceux qui n’en n’ont pas, de développer des démarches d’inclusion par la solidarité de l’auto-construction.

L’accompagnement des initiatives déjà en cours pour redonner sa place à l’agriculture en essayant de lui donner une robustesse supplémentaire. En sachant que le problèmes immédiat, au vu de la destruction du couvert végétal, va être d’apporter de la matière végétale à ces terres fortement argileuses (et ferrugineuses) … une réflexion et un accompagnement s’imposent.

Et aussi l’assainissement, l’eau, les financements solidaires  etc …


Des solutions pour un territoire fragilisé

En ce qui concerne l’exiguïté du territoire c’est en effet un vrai problème, densité presque équivalente à Paris intra muros avec une natalité très forte !
En tant qu’Ecologiste il n’y a pas de solutions sans auto régulation et cela passe par la possibilité pour tous et toutes d’avoir une identité reliée à une culture de solidarité et de partage ( on ne parle pas de nationalité mais d’une identité qui fait exister). Cela semble possible au travers, par exemple, du foncier solidaire, de jardins partagés, de monnaies complémentaires, de l’autonomisation possible grâce à la construction en terre et d’un accompagnement des personnes en état de vulnérabilité …
L’identité existe par un échange avec l’autre, comme la lumière invisible devient couleur en touchant une matière – (on peut lire ou relire » le don, la dette et l’identité » Godbout librairie du Mauss) –


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