Le terme néolibéral fait référence à une idéologie économique qui prône la libéralisation des marchés, la déréglementation, la privatisation des entreprises publiques, et un rôle minimal de l’État dans l’économie. Le néolibéralisme émerge comme une réponse aux politiques économiques interventionnistes du milieu du 20ᵉ siècle, notamment celles associées à l’État-providence, et s’inspire des idées des économistes comme Friedrich Hayek et Milton Friedman.
Il a besoin d’un cadre institutionnel favorable qui empêche le chaos. Cet équilibre nécessaire dépend de la force de :
l’Etat de droit : Les démocraties reposent sur des institutions stables et transparentes, qui sont essentielles pour garantir la propriété privée, les contrats, et le bon fonctionnement des marchés.
Libertés économiques et politiques : Les démocraties favorisent la libre circulation des idées, des personnes, et des capitaux, ce qui est crucial pour l’expansion des marchés et des échanges internationaux.
… Cet équilibre ne se fait pas sans tensions ; le néolibéralisme peut prospérer dans un cadre démocratique car celui-ci lui offre une légitimité, une stabilité institutionnelle, et une capacité d’adaptation. Cependant, les tensions entre les valeurs démocratiques et les effets du néolibéralisme (notamment les inégalités) peuvent également fragiliser cette relation.
Voici les principaux piliers du néolibéralisme :
Libéralisation des marchés
Le néolibéralisme promeut la suppression des barrières au commerce et à l’investissement. Cela inclut :
- La réduction des taxes douanières et autres restrictions commerciales pour favoriser la libre circulation des biens et services.
- La libéralisation financière, permettant aux capitaux de circuler librement à travers les frontières sans restrictions.
L’idée est que les marchés libres, lorsqu’ils sont laissés à eux-mêmes, sont plus efficaces pour allouer les ressources.
Déréglementation
Un autre aspect clé est la réduction de l’intervention gouvernementale dans les marchés. Cela signifie :
- Alléger les réglementations pour les entreprises, en particulier dans des secteurs comme les télécommunications, l’énergie, ou la finance.
- Encourager l’auto-régulation des marchés, avec la croyance que la concurrence entre entreprises est suffisante pour garantir l’efficacité et la qualité.
Cela permet aux entreprises d’opérer dans un cadre moins contraignant, favorisant ainsi la croissance économique, selon les néolibéraux.
Privatisation
Le néolibéralisme soutient que les entreprises privées sont plus efficaces que les entreprises publiques pour fournir des biens et services. C’est pourquoi il encourage :
- La privatisation des services publics comme l’eau, l’électricité, la santé, les transports, et parfois même l’éducation.
- La vente d’entreprises d’État à des investisseurs privés pour accroître la rentabilité.
La logique sous-jacente est que la concurrence dans le secteur privé génère plus d’innovation et de productivité.
4. Réduction du rôle de l’État
L’État, selon la doctrine néolibérale, devrait se concentrer sur des fonctions régaliennes (sécurité, justice, diplomatie) et réduire son intervention dans l’économie. Cela inclut :
- Limiter les dépenses publiques, notamment en réduisant les services sociaux comme les systèmes de santé, d’éducation ou de retraite financés par l’État.
- Réduire les impôts pour encourager l’investissement privé et la consommation.
Cela conduit souvent à une austérité budgétaire, avec des coupes dans les services publics, ce qui peut aggraver les inégalités sociales.
Croyance dans le marché libre
Le néolibéralisme repose sur l’idée que le marché est le meilleur mécanisme de régulation et que la main invisible du marché (terme tiré d’Adam Smith) conduit à une répartition optimale des ressources. Cela se traduit par une confiance dans les mécanismes de l’offre et de la demande pour fixer les prix, les salaires, et les niveaux de production.
Critiques du néolibéralisme :
Bien que le néolibéralisme ait influencé les politiques économiques mondiales depuis les années 1980, il est également fortement critiqué pour plusieurs raisons :
- Aggravation des inégalités : Les politiques néolibérales ont souvent conduit à des écarts croissants entre les riches et les pauvres, en réduisant la protection sociale pour les plus vulnérables.
- Dérégulation excessive : La déréglementation, notamment dans les secteurs financiers, a été pointée du doigt pour avoir joué un rôle dans des crises économiques comme la crise financière mondiale de 2008.
- Privatisation des services publics : Dans certains cas, la privatisation a entraîné une baisse de la qualité des services, ou une exclusion des populations les plus pauvres, notamment pour les services de base comme l’eau ou l’énergie.
- Impact environnemental : Les politiques néolibérales encouragent la croissance économique à tout prix, souvent au détriment des considérations environnementales, conduisant à la surexploitation des ressources naturelles.
Néolibéralisme et mondialisation
Le néolibéralisme a été un moteur de la mondialisation économique. Les accords commerciaux internationaux et les institutions financières comme le FMI ou la Banque mondiale ont souvent encouragé (voire imposé) des politiques néolibérales aux pays en développement, en échange d’aides financières. Cela a renforcé les échanges commerciaux, mais a aussi parfois conduit à des formes de dépendance économique et à l’érosion des souverainetés nationales.
Etats des lieux
Le néolibéralisme est une idéologie qui a façonné l’économie mondiale des dernières décennies, en mettant l’accent sur le libre marché, la privatisation, et la réduction du rôle de l’État. Bien qu’il ait apporté des bénéfices économiques pour certains, il a également exacerbé les inégalités, affaibli les protections sociales, et exposé les sociétés à des risques économiques et environnementaux majeurs. De nos jours, son modèle est de plus en plus remis en question face aux crises mondiales et aux revendications pour une richesse plus inclusive et durable.