Lieu : JDE 2024 Tours
Organisation : commission Post Croissance
Cadre : Académie verte

Lien : captation
Références

Les éléments de la formation
Le cheminement vers une commune frugale
Ménager / Ne plus aménager
appel à la créativité et aux pas de côté
Les interventions
- Christian Olive membre de la commission post croissance
- Introduction et conclusion
- Marion Perret—Blois urbaniste et écologue et co-présidente du Mouvement pour une frugalité heureuse et créative
- Présentation du Mouvement de la Frugalité – rapide écho de la démarche d’écriture collective du livre « Commune frugale, la révolution du ménagement »
- évocation de 3 – 4 exemples un peu concrets (au-delà du livre) : projet d’A.Stavy détournant une commande d’écoquartier pour réhabiliter le centre-bourg dans le grand est ; un projet de renaturation à Saumur par A.Delacroix ; La controverse crise du logement vs crise écologique ; Approche de la concertation habitants élus etc comme passeuse de frugalité, de raison frugale (A.Freytet, etc.)
Pourquoi « frugale » ?
- Frugale parce que l’intention portée est proche de la notion en anglais de « sufficiency » qui est le mot retenu dans le dernier rapport du GIEC et qui est défini comme “un ensemble de mesures et de pratiques quotidiennes qui évitent la demande d’énergie, de matériaux, de terres et d’eau tout en assurant le bien-être humain pour tous dans les limites de la planète”
- Frugale parce que la notion de suffisance et de contentement est présente… et ceci de manière : simple, raisonnée, économique et accessible.
A cet instant de l’histoire du vivant
- Nous pouvons choisir de nous hybrider avec la technologie qui permet la liberté « d’avoir » aux dépends de notre liberté « d’être ».
- Nous pouvons aussi choisir de ne pas s’y soumettre et chercher à être libre par « le sens » que nous donnons à notre vie.
- Cette recherche de sens entre avoir et être passe par un équilibre dynamique toujours remis en question, c’est le chemin de la frugalité qui satisfait les besoins en respectant les limites indépassables de notre Terre.
Commençons par nous désintoxiquer
- Nous devons mettre en évidence l’impasse du raisonnement simpliste de l’ultra-performance et la ringardiser en faisant entendre les exemples délétères du culte de l’optimisation (agriculture intensive, burn-outs, jeux financiers, délires géopolitiques etc.) ; sortir de l’intoxication technologique
Nous pouvons prioriser le chemin difficile de la simplicité avec toute sa complexité sans oublier le processus d’appropriation qui l’accompagne ; appropriation qui permet d’utiliser, contourner et réinventer les concepts et fonctions intrinsèques.
La frugalité est un enrichissement par une attention « d’évitement » partagée
- Il existe une véritable dissonance cognitive entre les objectifs tendant à ralentir et arrêter le dérèglement climatique et les contraintes imposées par le libéralisme et les lois du marché.
- L’évitement est une aventure collective qui doit s’appuyer sur des communs adaptés à cette ambition de métamorphose de notre monde.
- Envisageons une transition où le partage et la solidarité deviennent essentiels ; changeons nos imaginaires, notre rapport au vivant, éclairons nos émotions.
La frugalité existe par la possibilité d’appropriation par tous et par toutes
- Aux certitudes de la raison technique nous allons préférer une lecture sensible consciente et dynamique des milieux et des situations pour mieux répondre aux besoins des habitants.
- L’existence de comité citoyen de projet et d’assemblée de commune impliqués dès la faisabilité est une piste qui a déjà existé et qui mériterait d’être développée.
- Cette implication citoyenne valorise l’usage et tempère les contraintes patrimoniales ; elle peut définir d’autres équilibres comme par exemple l’aménagement des petits axes routiers. « les trajets liés à l’économie domestique et culturelle sont complexes : faire les courses, déposer les enfants à l’école, etc. Alors que les gros axes circulants, ceux qui focalisent les politiques publiques, sont plus favorables à l’économie des entreprises et du travail ».
L’audace créative – imaginer les communs
- Si la construction et l’aménagement visent à réduire l’écart entre un projet et une réalité donnée, l’approche frugale, elle, ne se réduit pas à la technique, elle s’attache au contentement sans blesser la nature, elle vise a la résorption des manques et apporte les choses nécessaires à la vie, elle interroge le juste désir.
- Alors que nous comprenons que le territoire que nous prétendons aménager n’est pas un simple support à nos activités mais un territoire vivant à partager, il est temps de changer de posture pour passer de l’aménagement au ménagement de la Terre. Nous devons avoir pour objectif de prendre soin des ressources naturelles, humaines et bâties, ménager les gens les choses les lieux et le vivant et écologiser nos manières de faire et de penser.
Pour conclure ce moment
Nous terminerons en évoquant la suite que nous pourrions donner à cette formation par un travail sur l’étape essentielle de mise en évidence des objectifs, traçant le cheminement permettant de passer sans se perdre de la construction subjective des valeurs et orientations à l’objectivité nécessaire aux réalisations.
- Nous avons deux ans avant les élections municipales pour travailler sur des nouveaux équilibres… un petit peu de technique mais surtout une politique écologique « éclairée » créative, audacieuse et mobilisatrice ; cela passe par une implication citoyenne plus ouverte avec des équilibres dynamiques à inventer !
- Je vous propose, pendant ces deux ans, de prolonger ces échanges par un groupe de travail très ouvert pouvant prendre la forme d’une convention politique ayant pour but d’éclairer les paramètres qui participent aux équilibres de la commune frugale.
- Les paramètres de cet équilibre ne sont pas des certitudes thématiques mais un écosystème d’objectifs donnant des perspectives d’ouvertures et d’adaptations des volontés programmatiques et réalisatrices adaptées à sa commune