Une énergie renouvelable et libératrice

Le mot de passe

Un mot de passe n’est pas un slogan. Il ne cherche pas à convaincre ; il trace une ligne. D’un côté, ceux qui peuvent le prononcer sans se contredire. De l’autre, ceux qui ne le peuvent pas.

« Une énergie renouvelable et libératrice » est un mot de passe.

Une position qui ne peut être que sociétale : pour un monde où l’énergie vient du soleil qui arrive chaque matin, du vent qui traverse les crêtes, de l’eau qui descend vers la mer, de la chaleur que la terre garde depuis toujours et du Vivant au service du vivant. Tout ce qui se renouvelle sans qu’on le lui demande. Cette revendication est irréductible parce qu’elle n’a pas de positionnement récupérable. Un mix de transition est acceptable ; la condition :  qu’il soit orienté, qu’il s’inscrive techniquement, économiquement et socialement dans cette destination, et qu’il ne se prenne pas lui-même pour une fin. Et cette question s’applique à tout.

Ce que le mot de passe exclut

Ceux qui appellent transition ce qui est prolongation. Ceux qui promettent un futur propre tout en continuant à creuser, forer, brûler ; parce que l’économie, parce que l’emploi, parce que le temps. Et ceux qui se réclament de la sortie des fossiles ou de l’énergie décarbonée, mais qui ne revendiqueraient pas ce mot de passe … parce qu’il engage ce qu’ils ne veulent pas engager.

Ce que le mot de passe désigne

Une société 100 % renouvelable n’est pas une société qui a changé ses centrales. C’est une société qui a changé son rapport à l’énergie, donc au temps, donc au territoire, donc au travail.

L’énergie renouvelable est surtout locale ou elle n’est pas. Elle est sobre ou elle ne suffit pas. Elle est partagée ou elle est confisquée. Ces trois contraintes ne sont pas des défauts techniques à corriger : elles sont la forme politique du projet. Elles obligent à habiter autrement, à produire autrement, à décider autrement : à l’échelle où le vent souffle, où l’eau coule et où le vivant produit.

C’est pourquoi cette revendication n’est pas sectorielle. Elle ne se négocie pas en commission énergie. Elle engage une vision de la société entière ; de ce qu’on veut faire ensemble, et de ce qu’on refuse de laisser faire à notre place.

Le mot de passe n’est pas agressif. Il est simplement honnête. Il dit : nous savons où nous allons. Et nous savons qui n’y va pas.