Quatre mots de passe, quatre revendications, quatre repères.
« Notre temps nous appartient »
« Une énergie renouvelable et libératrice »
« L’habitabilité en tous lieux »
« La libre circulation nous enrichit »
L’habiter a besoin de temps. Le faire a besoin d’énergie. L’accorder fait l’habitabilité. L’autre a besoin de circuler.
Un mot de passe n’est pas un slogan. Il ne cherche pas à convaincre ; il trace une ligne. D’un côté, ceux qui peuvent le prononcer sans se contredire. De l’autre, ceux qui ne le peuvent pas.
Les repères du cheminement sont là — on peut enfin vivre.
Depuis le début
Nous ne choisissons pas de naître. Nous n’avons pas choisi le lieu, l’époque, la langue, les visages qui se sont penchés sur nous. Avant toute décision, avant toute opinion, avant toute conviction politique, il y a ce fait simple et irréductible : nous sommes là, dans un monde que nous n’avons pas fait, parmi des autres que nous n’avons pas choisis.
Pendant des mois encore, on ne décide pas. On reçoit. On absorbe. Le monde s’imprime en nous avant qu’on puisse le questionner. On fait grandir en osant avec les proches, dans le lieu qu’on habite.
Et puis vient un moment où l’on pourrait vivre seul. Certains y voient une liberté. Mais vient aussi le faire — l’énergie qu’on mobilise, qu’on transforme, qu’on engage. Et avec elle, la question de l’accorder : rendre les lieux vivables pour tous, assumer que notre puissance a des effets sur ce qui nous entoure.
Mais aucun de ces équilibres ne tient sans l’autre — celui qu’on n’a pas choisi, celui qui vient d’ailleurs, celui que la libre circulation amène jusqu’à nous. Ce que l’on construit avec d’autres a une saveur que rien de solitaire ne donne. On ne sait pas toujours l’expliquer. On sait qu’on ne veut pas s’en passer … Aller par là. Avec le mouvement, la saveur.