La sécurité du XXIᵉ siècle se joue dans la capacité à respecter le vivant, à sortir des fossiles et à protéger les Communs.
La sécurité européenne ne dépend plus seulement de la puissance militaire : elle dépend désormais de notre capacité à assurer notre résilience énergétique, climatique et démocratique.
Portée par :
Lise Flores, conseillère fédérale, membre de la commission post‑croissance
Christian Olive, animateur du GT Convention Citoyenne Permanente du Vivant, membre de la commission post‑croissance, éditeur de postcroissance.org
Pourquoi cette contribution ?
La sécurité du XXIᵉ siècle se joue dans la capacité à respecter le vivant, à sortir des fossiles et à protéger les Communs.
La sécurité européenne ne dépend plus seulement de la puissance militaire : elle dépend désormais de notre capacité à assurer notre résilience énergétique, climatique et démocratique. Cette contribution veut ouvrir un débat : celui du lien entre sécurité européenne, sortie des énergies fossiles et souveraineté écologique.
Elle se situe à la croisée — et parfois en tension — des travaux des commissions Énergies et Défense, dont les motions seront présentées au Conseil fédéral de juin 2026.
Notre objectif est simple et ambitieux : éclairer les vulnérabilités qui se révèlent à nous et formuler des orientations politiques qui nous semblent à la hauteur des défis.
Un constat clair : la dépendance fossile fragilise l’Europe
La guerre en Ukraine, les chocs climatiques et les tensions d’approvisionnement ont révélé une évidence :
la dépendance aux hydrocarbures et aux infrastructures contrôlées de l’extérieur est devenue une vulnérabilité stratégique majeure.
Avant 2022, une part importante du gaz européen dépendait de décisions politiques extérieures.
Dans le même temps, nos infrastructures critiques — réseaux électriques, câbles sous‑marins, data centers, métaux stratégiques — sont souvent situées hors d’Europe ou sous contrôle non européen.
Les dérèglements climatiques aggravent encore cette fragilité : sécheresses, inondations, vagues de chaleur, tensions agricoles, risques sanitaires.
Sortir des fossiles n’est donc pas seulement un impératif climatique : c’est une condition de sécurité, de santé publique et de justice sociale.
Sécurité militaire ≠ souveraineté écologique
L’OTAN reste une alliance militaire essentielle pour la défense collective des pays qui y adhèrent. La question est désormais de savoir si elle doit demeurer un outil de dissuasion strictement militaire, ou devenir un véritable acteur politique
L’OTAN n’est pas totalement dépourvue d’outils politiques — l’OSCE en est un exemple — mais ces dispositifs ne permettent ni de conduire la transition énergétique, ni de protéger les Communs, ni de relocaliser les chaînes industrielles.
Mais élargir le mandat géopolitique de l’OTAN n’est pas sans risque.
En cherchant à devenir un acteur politique global, l’Alliance active les craintes des pays non membres, alimente les logiques de blocs et contribue, de fait, à l’érosion du multilatéralisme. Cette dynamique fragilise les espaces de coopération — déjà affaiblis — et menace la recherche du lien, pourtant indispensable pour répondre aux crises écologiques et sociales.
À terme, une telle évolution pourrait isoler l’Europe, l’enfermer dans une logique défensive et participer à la marginalisation du droit international, qui repose précisément sur la reconnaissance mutuelle, la négociation et la limitation de la puissance.
Confondre sécurité militaire et souveraineté écologique conduit à des réponses inadaptées.
Une société Post croissante défend une souveraineté, ancrée dans les territoires et leurs limites écologiques ; relationnelle ; digne et créatrice permettant l’appropriation citoyenne
Par conséquent, l’autonomie énergétique n’a de sens que si elle repose sur le lien, la coopération et la transition écologique.
Sans cela, elle se réduit à un localisme défensif, souvent récupéré par l’extrême droite.
Cette dynamique fragilise les coopérations indispensables pour répondre aux crises écologiques et sociales
Ce que nous proposons : une souveraineté écologique européenne
Pour réduire nos vulnérabilités et renforcer notre sécurité, l’Union européenne doit engager :
- un calendrier contraignant de réduction des importations fossiles et l’arrêt des nouveaux projets d’extraction ;
- un plan européen de relocalisation et de sécurisation des infrastructures critiques, avec un fonds d’investissement public et des critères sociaux et environnementaux stricts ;
- des financements massifs pour la résilience territoriale et la protection des conditions de vie : agriculture durable, gestion de l’eau, micro‑réseaux énergétiques, adaptation climatique ;
- des mécanismes de coopération régionale pour la gestion des Communs ;
- une politique de reconversion juste pour les travailleurs et territoires concernés.
La transition doit être démocratique : collectivités, travailleurs, citoyens et mouvement écologiste doivent être associés aux décisions.
L’autonomie capacitaire européenne ne doit pas devenir un prétexte à une nouvelle course à l’industrialisme, mais rester strictement subordonnée au respect du vivant.
La sécurité du XXIᵉ siècle se joue dans la protection du vivant, pas dans la multiplication des dispositifs administratifs ou des lois de programmation.
La souveraineté écologique, c’est aussi quand le quotidien respire à nouveau.
Reconstruire du lien plutôt que des normes qui prétendraient réparer
Nous ne pourrons pas affronter les crises à venir avec les outils d’une social‑démocratie de gestion, centrée sur la règle et la stabilité des flux financiers.
Aucune loi ne remplacera jamais l’adhésion de celles et ceux qui, chaque jour, doivent changer de chauffage, de transport, de métier.
Pour rester légitimes, les responsables politiques devront redevenir des bâtisseurs de liens, capables de permettre à chacun d’habiter le monde qui vient.
C’est cette orientation — écologique, démocratique et souveraine — que nous proposons de mettre en débat.
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Edition : début de l’étape 1 – 5/05/2026
compléter le PAD : Pad Motion 2026 pour une souveraineté EE – MyPads
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